V comme Victor ? 

 

C’est dans son exil qu’Hugo écrira Les Misérables. L’histoire d’un autre exil, celui de Jean, écrit dans une Langue sublime de précision et de concrétude à laquelle nous souhaitons rendre hommage en lui donnant une voix, un corps.

 

Jean Valjean qui fut le temps de quelques années maire d’une petite ville du Nord, nous renvoie aux missions politiques qu’Hugo a accomplies avec passion. On retrouve dans notre personnage la même rigueur dans le service à la nation, la lutte contre les injustices, l’aide aux plus démunis… Cet Humanisme est une des pierres de notre spectacle.

 

Sur le plan de l’intime, il y a ce rapport oedipien à la fille tant aimée, celle qui grandit et quitte la demeure du père pour en aimer un autre, cette séparation nécessaire et naturelle dont ni Victor ni Jean ne se remettront. C’est d’ailleurs en tentant d’écrire à Marius, le mari de Cosette, que Valjean entre en scène dans cette adaptation théâtrale pour y donner finalement son dernier souffle, et là, c’est à Cosette qu’il l’adressera. Nous souhaitons faire resurgir ses failles pour mieux découvrir son humanité.

 


V comme…Vidocq ? 

 

« Mort en 1857 sans se douter que Victor Hugo le remercierait en l’immortalisant cinq ans plus tard, sous les traits de Jean Valjean.» (François Lacassin, préface des Mémoires de Vidocq.)

 

Cet homme au parcours incroyable commence sa vie comme petit malfrat, se transformant et se déguisant pour échapper à la police, il y a déjà du génie en lui… Il continuera ses métamorphoses mais pour servir l’Etat, et intégrer le monde des « honnêtes gens ». Nous montrerons une transmutation de l’ignorance vers l’éthique.

 

Ainsi tout est symbole chez Hugo même les noms propres. Jean Valjean, est aussi celui qui « vaut autant que Jean » autant que l’autre, que son frère Jean, que son voisin, son supérieur hiérarchique, sa femme de ménage, vous et moi réunis… Chercher la symbolique d’Hugo pour rentrer plus profondément dans la matière. Voilà l’objectif. Le travail du comédien est donc ma priorité. Chacun d’entre nous doit s’y reconnaître. Se transformer avec lui.

 


V… comme vous et moi…

 

Qu’est-ce que « La passion selon Valjean » ?
Ce n’est pas un monologue, mais un dialogue intérieur, qui s’adresse à chacun d’entre nous. Qui nous renvoie à nos sentiments les plus intimes : nos doutes, nos colères, nos aspirations…

 

Valjean, l’être aux multiples facettes est simplement un être humain. A la fois l’exilé qui doit changer de nom pour survivre, le père aimant qui se débat avec son trop d’amour, l’élu qui veut faire avancer la société, le chef d’entreprise qui tente d’être juste, le comédien qui se transforme, l’homme en quête de son identité, une victime de la société … comme tant d’autres. Le plateau sera dépouillé à l’épure : un lit, une chaise, une table, une poupée ; Quand l’exil est là on est dans l’essentiel ; c’est au rythme des éléments : l’eau, la terre, le feu et l’air que Valjean se découvrira, peu à peu. C’est au fil des saisons, des journées, au gré du vent, de la pluie ou encore de la chaleur étouffante du soleil qu’il criera sa peine ou ses espoirs. Les musiques, profanes ou sacrées ponctueront les différents tableaux, comme des battements d’un seul coeur. Un miroir sera présent, symbolique ou non.

 

Elsa Saladin

Note d'intention

Jean Valjean un miroir aux multiples visages ?